Jeu d’espion à l’Abbatiale

J’étais assise par terre entre deux rangées de chaises à l’abbatiale de Romainmôtier… depuis que les chaises ont remplacé les bancs et leurs agenouilloirs on ne peut plus vraiment se mettre en posture pour prier…



Bref. J’étais en train de me dire que j’allais sortir mon téléphone pour enregistrer le silence, c’est devenu rare dans les églises de nos jours, le silence, quand une horde d’adolescents débarque. D’abord à grands cris, puis après que l’un, l’une ou l’autre ait remarqué la présence d’un individu externe à leur groupe (cf. moi) les « chuts » ont remplacé les cris.



En partant, j’ai quand même vu trois garçons courir une bouteille à la main faisant mine d’être des espions dans une embuscade visant les filles.



Et je me suis demandé… combien de fois est-ce que je fais pareil ?



Je veux dire, combien de fois je fais fi de l’endroit où je suis, et de certaines règles ou coutumes pour jouer à mon jeu ?



Et qu’est-ce que j’y gagne et qu’est-ce j’y perds ?



Je me suis demandé combien de fois dans ma vie, ne voulant pas faire l’effort de ralentir et de faire silence, ne voulant pas faire l’effort de me recueillir, j’ai joué à l’embuscade plutôt que de répondre à l’invitation à entendre… au-delà du silence… une réponse inattendue…



Et qu’est-ce que j’y ai perdu, et qu’est-ce que j’y ai gagné ?



Merci les jeunes pour la question.