La magie en pratique

Je voudrais aborder ici la notion de magie au quotidien sans laisser passer l’illusion d’une magie instantanée du genre fast magie que t’achètes au coin de la rue comme t’achètes du fast food.
Car bien que certains pratiquent, peut-être, la magie instantanée, dans le genre « perdez 3 kilos en un mois », ou « devenez riche en 4 étapes ». Ce n’est pas la mienne. Et parmi tous les grands illuminés que je connais aucun ne pratique la magie instantanée, mais plutôt une magie artisane… une magie qui se tisse, se taille, se met à jour progressivement.
Aujourd’hui, je voudrais commencer par un des ingrédients facilitateurs de magie:
Apprendre
Si je te dis : Apprendre égal plaisir, ça résonne ?

La réponse la plus fréquente est : « Aï, apprendre ? Ah ben ça dépend quoi, parfois c’est difficile, et puis ça dépend de l’âge. »
Parfois, le plaisir d’apprendre est associé à un seul objet d’apprentissage comme par exemple une langue, une nouvelle recette. Dès qu’il s’agit d’apprendre d’une crise ça devient plus tendu comme par exemple cette situation de conflit avec le voisin, ou la surcharge de travail, ou la teinture des cheveux qui n’est pas du tout comme annoncé sur l’emballage… see what i mean ?
Le truc c’est que pour changer quelque chose à notre quotidien, on a besoin de nouvelles compétences, de nouvelles façons de penser, et d’agir. Tant qu’on associe l’apprentissage à quelque chose de laborieux, de difficile ou quelque chose que l’on ne fait qu’en formation, qu’à l’école ou que sur certains aspects de sa vie, le simple fait de se mettre à l’apprentissage est déjà coûteux en énergie et en motivation.
Ma proposition par rapport à cet état de fait, est un petit tour d’attitude intérieure qui se résume à :
  • ça a raté ? Alors… trop tellement bien, il y a un truc génial à découvrir que je ne savais pas, que je n’avais pas imaginé.
  • J’arrive pas ? Alors… tellement excellent, je vais pouvoir développer des nouvelles compétences.
  • Encore la même chose ? Alors… ok, c’est que là vraiment la leçon existentielle, elle est de haut niveau, quel honneur! Je suis en train d’apprendre un truc important, et en plus puisque ça fait plusieurs fois que je passe par là, je dois devenir vachement compétent en la matière.
La question se situe autour de « Comment face à une situation où je n’a pas encore appris ce qui me permet de la vivre bien, ou de réaliser ce que je veux, je garde une posture intérieure d’ouverture pour rester détendu ayant accès au maximum de mes facultés ? »
Trop longue la phrase ! Ok, je reformule :
En gros, qu’est-ce que je choisis de penser face à l’obstacle pour rester dans l’envie et dans le plaisir de continuer en vie activement?
Deuxième ingrédient de la potion magique: apprendre …
Progressivement
Pour illustrer la chose, je te partage un bout de mon chemin.
Il y a 5 ans, je ne savais pas que la lettre A en musique, sur une grille d’accord, voulait dire accord de La. Il y a 5 ans, j’avais complètement oublié les cours de solfège de mon enfance, et je ne me rappelais pas qu’un accord de La comprenait les notes La-Do-Mi. Et pourtant, je voulais amener mes chansons ailleurs que dans ma salle de bain, et surtout ailleurs que dans ma solitude parce que j’avais besoin de partage. Ne jouant pas la guitare, et m’étant fâchée avec le piano … j’ai cherché un musicien, un humain plus simplement dit, avec qui une première étape serait possible. J’ai rencontré Alexandre Martin guitariste professionnel, membre du groupe Lapsus. Ensemble nous avons composé 3 chansons. J’arrivais chez lui avec des paroles, et une mélodie dans la tête. Sans la moindre idée de quelles étaient les notes que j’étais en train de chanter. On cherchait ensemble, il jouait des accords (des combinaisons mystérieuses des sons). Puisque je ramais aussi méchamment niveau rythmique, je regardais la position de ses doigts sur la guitare pour me repérer et savoir où en était-il dans la chanson lorsqu’il jouait. C’est lui qui m’a appris que A ça veut dire La.
Cet été en juin, j’étais en concert en duo au Festival In-Cité et le 30 septembre, je joue à Paderewski.
C’est là, je crois, ma conclusion d’aujourd’hui quant à l’apprentissage.
Ne pas savoir est ok. Ne pas savoir n’est pas le problème.
Nous avons tous des compétences que nous maitrisons, des connaissances intégrées, des sagesses cueillies sur le chemin que nous pouvons offrir, et heureusement nous avons tous des manques, oui j’ai dit :
Heureusement nous avons tous des manques et grâce à cela nous pouvons recevoir. C’est ce qui nous rend complémentaires.
Le problème est de percevoir le fait de ne pas savoir comme un problème, ou comme une faute.
Ne pas savoir est la porte vers l’apprentissage et le partage.
Je n’avais pas conscience de manquer à un tel point de connaissances essentielles à la composition lorsque j’ai rencontré Alexandre. J’ai appris. Ce qui a rendu cela possible est d’une part que je n’ai pas eu honte de ne pas savoir et d’autre part que j’avais en face quelqu’un qui naturellement m’a transmis, donné, offert, partagé ce qu’il savait sans jamais me faire des gros yeux du genre « c’est qui cette cruche ».
Ma responsabilité dans mon parcours d’apprentissage est de
  • Ne pas juger le fait de ne pas savoir, même si c’est la 100ème fois que j’essaie d’apprendre
  • Choisir d’être en présence de personnes qui ne jugent pas négativement le fait de ne pas savoir
  • M’entourer de personnes qui aiment apprendre, et partent donc du principe qu’elles ne savent pas tout et ont le goût de découvrir.
Nous sommes humains, pas super-héros, nous sommes humains en devenir… et ma croyance est que la magie n’attend qu’une seule chose… quelques gouttes d’humilité en plus dans notre quotidien pour se frayer plus facilement un chemin vers chacun d’entre nous…
Avec gratitude…
Marian
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