Le Rosier

« Ce matin, j’ai regardé le rosier dans le jardin, j’ai vu qu’il fanait, j’ai regardé de plus près, une autre plante était en train de s’entrelacer à ses branches… je l’ai enlevé. Regrettant au même temps ne pas avoir de connaissances en permaculture pour savoir si ce que j’étais en train de faire était juste ou faux. »

Cette phrase, il y a à peine 3 ans, je n’aurais pas pu l’écrire. J’habitais dans un 30m2 à Lausanne, et tous les rosiers que ma mum m’avait offerts siégeaient morts sur mon balcon faute d’arrosage.

Mon revenu n’a pas augmenté, il a été réduit à la moitié. 

J’ai cherché d’autre voies. D’abord, lors d’un changement de poste, j’ai dit : « être pendulaire, c’est fini ». J’ai trouvé un bout de paradis en colocation. Oui retour à la vie à plusieurs, moins impossible que ce que je pensais après avoir habité seule pendant des années. Le jour où il a fallu partir à la fin du bail, je me suis dit : « retourner en ville : no way. »

Un autre bout de paradis s’est ouvert. 

Pourquoi je parle de ça, parce qu’il y a des matins comme celui-ci où je suis surprise de combien d’inconnu il reste à vivre. Et de combien de formes différentes la vie peut prendre. De l’infinité d’options existant pour des versions d’une vie qui soit plus agréable à vivre. 

Un pas après l’autre. 

Un jour peut-être j’écrirai: « le rosier que j’ai moi-même planté a fleuri tôt cette saison. »

Pour le moment, j’en suis juste à prendre acte qu’il y a un jardin, dans lequel je suis à côté d’un rosier. 

Il est souvent dit que le plus important dans la vie c’est ce à quoi on dit « non ».

Comme j’aime bien le gris et que la dualité n’est pas mon truc, je ne dirais ni oui, ni non. 

Cela dit, je dirais que parfois commencer par mettre une condition, une seule, un petit truc comme: « dans ma vie dès maintenant ça c’est fini ! » Ou « Dans ma vie dès maintenant ça c’est tous les jours et pas une fois par année ! » c’est un pas vers un nouveau souffle… 

Et ce nouveau souffle peut arriver à nous comme l’air d’une inspiration, sans que l’on doive aller le chercher très loin, sans devoir faire d’immenses changements, sans payer des fortunes, juste un petit truc, juste une petite écoute de ce qui demande à disparaître ou de ce qui demande à naître… 

A tout ce qui n’est pas encore né

en moi

en toi 

en nous

à tout ce que nous allons découvrir, apprendre

a ces nouveaux gestes

ces nouveaux mots

Bienvenus

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