le droit à l’Être

La magie c’est mon truc, je l’ai toujours dit. Que la vie est magique c’est mon évidence.

Soit.

Cela dit, c’est pas gagné tous les jours.

Non pas parce que la vie ne soit pas magique quotidiennement mais parce que je vis dans une société qui n’accepte pas encore totalement cette réalité.

Après avoir écouté une conférence aujourd’hui, je me suis rendue compte combien je cache ou je tente de compenser (vers le bas) ma chance, ou la magie de ma vie.

Parce que j’ai très jeune appris que non, la vie ça ne doit pas être comme ça, ça ne doit pas être facile, on ne peut pas être joyeux, heureux tous les jours, non, on ne peut pas aimer tout le monde, ou alors on est naïf, non, on ne peut pas avoir et l’amour, et le succès, et la santé et l’argent ou alors c’est qu’on a vendu son âme à Lucifer ou un truc dans le genre.

Que j’ai de la chance je le sais. Ayant grandi dans une maison où ma mère disait tout le temps, et elle le dit encore: la chance on se la fait soi-même, c’était un peu incontournable. Cela dit dans la même maison, il y avait aussi la gratitude et la contemplation de la beauté au quotidien. Chaque matin, ma mère m’emmenait dans le jardin pour regarder les plantes une par une, et leur dire merci d’être, d’être belles, vivantes. Le soir, mon père avait placé son canapé dans le salon de façon à être dans l’angle parfait pour le spectacle quotidien : le coucher du soleil.

Alors oui, quelle chance d’avoir grandi mes premières années dans cet environnement. J’ai commencé par savoir que la vie c’est magique, aussi magique qu’un bourgeon qui éclot et qu’un soleil qui se couche pour revenir au lendemain.

Le clash avec le « vrai monde » en arrivant à « l’école » je vous explique pas. Non, j’explique pas, ça vaut pas la peine. Peine au sens littéral.

Cela dit…

J’ai commencé à laisser s’infiltrer sournoisement dans ma/la magie des trucs du genre :

il faut bosser dure, si tu n’as pas bossé dure alors tu ne mérites pas, les gens qui réussissent sont ceux qui travaillent 12 heures par jour, il faut FAIRE.

Le truc quand t’es dans le flot de la vie, ben c’est que les choses se passent avec joie et facilité, parce qu’on entend les appels, on entend et on sent là où notre être s’aligne le mieux avec ce que la vie et non pas seulement ma vie demande, parce qu’on va là où l’on sert comme la pluie qui tombe à l‘endroit où la terre attend, et alors la vie fleurit

MAIS dans un environnement basé sur « il faut que ce soit dure » ben peu à peu il y a comme une sorte de culpabilité qui pointe… zut, ça devrait pas être facile. Ou une sorte de … bon, je dois être une erreur, ou mon mode de vie est erroné, l’hiver viendra et comme la cigale je verrai mes ailes brûlées par le froid.

Alors petit à petit… on se cache. Comme moi dans la phrase précédente… j’ai choisi un « on » au lieu d’assumer un « je ». Et puis on rapetissit la magie pour pas trop déranger ceux à qui on pourrait montrer que la vie peut-être autre chose que dure labeur, compromis ou vente au diable.

Il y a quelques semaines, une connaissance lointaine a appris où j’habitais et m’a téléphoné.

– T’habites dans un château ? Mais t’as perdu ton job non ?

Littéralement, je ne mens pas.

La personne avait appris que j’habitais dans un château. OUI, j’habite dans un CHÂTEAU, parce que la vie est magique et que je l’accepte au lieu de vouloir l’asservir à des siècles de mécompréhension de ce pourquoi l’être humain est fait.

Et il semblait qu’elle ne pouvait le concevoir que si j’étais banqueroute. (j’ai toujours de quoi m’occuper, merci).

Voilà, dans le pire des cas, quand « t’as de la chance » t’as droit à ce genre de coup de fil, et sinon c’est des regards, ou des rumeurs.

Heureusement, quand j’ai décroché un poste de cadre pour lequel je n’avais pas le diplôme mes compétences et mon regard de « cherche pas, je vois à travers toi » m’ont toujours évité les « elle a eu le poste parce qu’elle a couché ». Mais ce genre de commentaires fait aussi partie de la liste de système de défense que certains et certaines ont quand en face on leur propose une réalité différente de leur vie d’esclavage au contrôle, au travail et à la souffrance.

Attention à ce genre de chose, parce que par exemple, si je n’étais pas vigilante je pourrais commencer à regarder « mon » château et pointer tous les travaux qui sont à faire, me dire que oui… l’espace est beau et luminueux MAIS

et là, là c’est l’éloignement de la magie, là c’est la porte ouverte à la cave de l’ingratitude.

Là c’est descendre à la cave des espaces où on ne croit pas, où on ne veut pas voir que la vie joue sur d’autres plans que l’effort douloureux. Là c’est oublier que la vie est un don et que si on se donne à elle dans le plaisir (parfois la souffrance aussi, mais c’est la souffrance de lâcher le contrôle – on en parlera une autre fois) comme l’amant qui offre ses vibrations, son coeur, son corps et son âme alors on devient la force de la vie elle-même…

Où je veux en venir ?

D’abord poser une sorte de mea culpa à moi-même parce que je me suis mis bien des bâtons dans les roues histoire de compenser ma « chance » vers le bas, je suis en processus de dé-bâtonisation et ce post en fait partie …

Puis, exprimer combien plus je vois ceux qui la vivent au grand jour me remplit le coeur de joie, d’amour, de mouvement, et d’en-vie de rejoindre encore et toujours le flot

Donc inviter toutes celles et ceux qui vivent la magie, que ce soit pour un instant ou 24 heures sur 24, à porter fièrement dans leurs sourires et dans leurs yeux cette chance…

surtout gratuitement.

Et qu’est-ce que j’entends par gratuitement :

sans se dire ni chercher à justifier qu’on l’a gagnée, sans penser à : oui, aujourd’hui il a beaucoup de succès avec sa carrière, c’est tellement bien pour lui, le pauvre il avait tout perdu après son divorce.

Ou c’est tellement chouette, j’ai réussi à avoir l’appart de mes rêves, j’avais vécu si longtemps dans cet autre appart où les murs étaient cramoisis.

Ne pas chercher de causes ni de mérite, mais accueillir.

Parce que pour accueillir il faut être humble et c’est là que les non-chanceux manquent une coche.

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Pour celles et ceux qui souhaiteraient l’utiliser et rejoindre un mouvement, avec mon collègue Facundo, nous avons décidé d’utiliser un # pour chaque fois où on partage quelque chose qui va dans le sens d’être dans le flot. Il s’agit de #yoflullo.

Il part d’une anecdote avec une erreur de phonétique de ma part, l’écriture juste serait « yo flujo » (I flow), on a décidé de garder la version du moment 😉

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